Seras-tu encore là demain

Quand le ciel répandra

Sur les allées de cyprès

Tout l’or de juin

 

Tu es frêle comme un phalène

Ton pouls file sous mes doigts

Ne creuse pas ta fosse

Sous ce ciel de lit

 

Fais-toi belle, ma mie

Mets du rose sur tes joues

Bientôt l’aube posera ses lueurs

Sur les éperons des ancolies

 

La voilà qui point à la fenêtre

Ne lui fais pas faux bond

Elle souffle un air de fête, doux et léger

Ne laisse pas s’éteindre

L’aube de tes quatre-vingts ans

 

Ouvre les yeux, ma mie…