gif renard coeur

 

Le temps d’une larme
Ne suffit à museler
L’âme qui gémit

Car l’écho résonne
Comme une plainte nocturne
Au fond des bois

Le coeur est un mal
Bien plus grand que le ciel
Qui ne l’entend pas

 

 

 

 

Quand la joie de vivre
Se levait tous les matins
À la même heure que moi…

 

En ouvrant les yeux sur le cyprès ensoleillé

Je sentais sa sève me couler dans les veines

Comme le chant de la mésange dans l’oreille

Le soleil au pied de mon lit

 

Les matins teintés de bleu, de vert et d’aurore

Me faisaient mille façons et j’y croyais

Sans redouter le gris qui détonne dans le ciel

Parce que les jours ne mentaient pas

 

J’étirais ma langueur, mon réveil, ma paresse

J’étirais mon corps musclé de jeunesse

En humant l’odeur du café fort

Que mes parents sirotaient en silence

Dans la cuisine  donnant sur le lac

 

Sur le chemin de l’école

Je la voyais tourner le coin de la rue

Son énorme sac en bandoulière

Le corps oblique pour en contrebalancer le poids

Je voyais déjà ses interminables lulus

Noirs et lisses comme des ailes de corbeau

S’évasant sur la rondeur de ses seins

 

Je la regardais tourner le coin

La joie de vivre sur les lèvres

Tous les matins

À la même heure que moi

 

Mini papillon